25/05/2011

Pays d'Olà

 AU PAYS D’OLA

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Après un passage sans ambages mais stressant à la douane, exigeante et au regard oblique, je me suis enfin effondrée dans le siège d’une compagnie aérienne assez farfelue «Braille-en-air»…

Le vol ne dura que deux heures, certes, mais pendant ces 120 minutes, je me suis crue dans un endroit virant entre le casino et une tour de Babel volants.

Les longues litanies des consignes pour « en cas de..., exultées par des voix monocordes, des publicités intempestives, des annonces de vente de billets de loterie, des « gratte-gratte », des clopes, des parfums... se sont succédées à l’infini.

Chaque fois en quatre langues - heureusement préalablement préenregistrées - car j’ai constaté quasi immédiatement qu’aucun membre de cet équipage ne parlait correctement aucune langue connue…

Ni français, ni anglais, ni néerlandais et encore moins l’espagnol.

Dialecte « Biti biti »

Quelque chose me disait que si je m’adressais à eux en slovaque ou plutôt en romani ou encore en moldave, notre communication linguistique serait hautement (mais oui – ça se passait dans l’avion !) meilleure.

J’étais même prête (comme d’hab’ depuis 30 ans) « à traduire fidèlement les discours à transmettre entre ceux qui parlent des langages différents » au restant des passagers aussi déboussolés que moi.

Au Delta de l’Ebre, je me suis installée à bord du voilier de mes amis.

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Le bateau (12 mètres – 12 tonnes) a été entièrement construit – dans l’ordre - : par cinq frères-marins anglais, en 1960 et puis, en acajou, en tec et en pitchpin.

baaateau.jpg

Nous n’y étions qu’à trois, cependant dans l’exigüité de cette unité flottante j’avais l’impression que nous nous y mouvions à vingt-cinq (si pas trente…), et là où je dormais, dans mon « cou-couche panier » (en forme de tiroir) nous étions à cinq (si pas à douze…)

De plus, ma « boite à gants nocturne » était située à proximité directe du moteur – diesel – de 22 CV… et, les effluves peu discrètes de « gasoil » me rappelaient à chaque instant qu’elles n’étaient ni soporifiques ni bienfaisantes…

Un hublot à gauche, un à droite laaargement ouverts et l’air vif pénétrant par l’entrée du cockpit sauvaient efficacement mes alvéoles pulmonaires en me permettant parfois d’évacuer un surplus de « cerveza con lemon » ou « cerveza » tout court à défaut de « lemon » (quant au « con » - il n’y en avait pas… Na !)

Il eu encore fallut que je mémorisasse ces hublots béants pour qu’au  lever je ne m’y cognasse point… (ispèce di cognasse !)

Devant mes yeux émerveillés s’étendait la cale sèche de la marina, où le monde s’agitait sans cesse dans le but de rafistoler ou retaper les bateaux pour des propriétaires juilletistes ou aoûtiens.

chantier.jpgOu bien pour ceux qui n’y viendront qu’une fois par an… ou pas !

En compagnie de quelques « relations de business » (à souler adroitement pour obtenir quelques faveurs…) ainsi que des hordes des « chobits* »

* A savoir : des créatures de rêve - friandes de frissons et avant tout de fric… Taille moyenne : une dixième de mile – soit 185,2 m, à la chevelure dorée virant parfois vers le jaune, aux griffes « résineuses » à la « mandarin » et aux jambes looongues, looooongues. Issues du monde des « mangas » et catalysant en leur physique toutes les fantasmes masculines (japonaises ?!) possibles. Avec une telle allure, elles demeurent rarement en liberté.

Chobits-communs.jpg

En me faufilant et en trottant en zigzag parfait  – à l’aller c'était au pas de course - entre ces somptueux bateaux en cale sèche, à destination des toilettes éloignées de notre quais « J » de 300 mètres (à l’aller, il me semblait que c’était plutôt 800 m.…), situées dans ce chantier, je me rappelle (au retour car étant soulagée…), d’un gigantesque voilier en matière blanche, ressemblant à une « méga boite à savon » - « eine kolossale « Trabant » en quelques sorte.

Cette « pauf’ bête » de trente mètres, destinée à la navigation maritime gisait 6 mètres plus haut, au sec…

La proue tristement pendue comme la tronche d’une lotte (c’est laid), et la poupe drôlement rétractée…

Vu ses dimensions et les installations électroniques sophistiquées - sur l’eau - ce voilier devait être non-stop desservi par un équipage d’au moins 15 matelots robustes et encore, puissamment diplômés…

Là, au sec, je n’en ai aperçu que trois…

gorilles.jpg

A voir leur gabarit, leurs « boules rasées à zéro », leurs tenues (en noir), l’absence de deux dents de devant (à force de décapsuler de nombreuses variétés de bouteilles), l’œil torve… Et, à « acoustiquer » les quelques paroles lâchées dans le vent - j’étais certaine d’avoir débusqué un génotype slave si bien connu actuellement dans tous les coins du monde, y ceux de nouveaux richards compris…

Non, non, non !

Par politesse (pas de gros mots dans les blogs, hein ?), je ne dévoilerai pas la nationalité de l’équipage noir de ce voilier blanc.

http://www.youtube.com/watch?v=Mh9BbalDxRE&feature=re...

N’empêche, tout de suite après leur apparition sur le chantier, les toilettes furent bouchées et jamais plus ne sont redevenues propres comme avant, quant aux mégots de « Bielomory », ils  gisaient par terre en s’entassant hideusement entre les flaques d’huile et de peinture…  

A côté d’eux, près d’un autre bateau, une gracieuse silhouette – une « libellule » - en combinaison blanche (à ne pas confondre avec la lingerie fine, les filous !), en capuche et avec un masque de protection mettait en couleur avec acharnement une coque…

Puis une deuxième.

Puis une troisième…

Je ne sais pas combien de bateaux elle a badigeonné ce mois-ci car à son sixième, environ, j’ai filé mon nœud…

En effet, cette simple « babeille ouvrière » était diplômée « ingénieureusement » d’une prestigieuse école polytechnique de Pologne.

Une électronicienne d’origine polonaise.

http://www.youtube.com/watch?v=aLUKfU2AOBY

Svelte, jolie et souriante, avec des muscles de Rambo, elle inspirait le plus grand respect même aux gorilles se tenant à sa proximité…

à suivre?    

14:05 Écrit par Poule Astucieuse dans Actualité, Général, journal perso-com, Loisirs, Musique | Commentaires (2) |

Commentaires

Oui oui, on veut la suite ! Quel dépaysement. Mais on doit être content de revenir en Belgique pour se reposer de ce genre de vacances.

Écrit par : Willidi | 26/05/2011

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Cool! Toujours contente de revenir chez moi.
Certes, vacances très physiques, Willidi, j'avoue, mais j'aime les vacances turbulants et très physiques!
Corde rouge, corde verte, - alignées - tu mets le pied par ici, et pas par là... Tu accelere, tu cours - yesss!
Changement du cap... Un poil fatiguant !
Quoi que,
"Uuuune vaaague à tribord" (ou babord ?- j'apprendrai jamais)! - cria (gentiment) l'"Amiral"- après le passage des pecheurs.
(...Alors que j'étais en train de photographier paisiblement une "umigamé" - tortue de mer (en jap'))
Oh, je ne suis pas une patate...
Bref, un parcours sans faute...
Pas des bobos.
Mon assurance en paix...
Cool !
Ca fait du bien, "puréee"... ("curéééé")
Mais ké souvenirs...
L'année prochaine - un peu plus...

Écrit par : pouleastucieuse | 26/05/2011

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